Récits de courses
Récits de courses
Diagonale des fous
Jeudi 22 octobre 2009, je me retrouve seul dans un hôtel à St-Philippe. Mes 3 compagnons ont continué la route pour Cilaos. Ils dorment là-bas, afin de me voir à mi-course et dans le but de poser Julien S. au départ de son Semi Raid.
Il est 15h (H-9 pour moi) et j’en profite pour essayer de faire la sieste. Je suis seul dans la chambre, il n’y a pas un bruit car tous les occupants de la maison se reposent comme moi. Vers 17h, la pluie se met à tomber comme je n’ai rarement vu tomber de la pluie. Le ciel est noir et c’est une pluie diluvienne qui s’abat sur la partie Sud de l’ìle. Une sorte de pluie tropicale qui va durer longtemps.
C’est à ce moment, réellement, que je prends conscience de ce qui m’attend. Je commence à stresser et angoisser... Je suis seul, sans argent, sans transport et je me rend compte que je n’ai plus la possibilité de rebrousser chemin. Je me retrouve donc au pied de mon rêve, au bout de mes attentes et à l’aboutissement de tous mes entraînements. La question qui m’obsède : Vais-je réussir cette course unique ? Avec cette pluie, cette boue...
19h30, nous avons rendez-vous pour le derniers gros repas d’avant course. Nous sommes 8 raideurs. Nous écoutons la radio, nous regardons les émissions spéciales Grand Raid et tous nous annoncent une nuit difficile sous cette forte pluie... Qu’est-ce que ça va être de courir 10h avec les pieds mouillés ? Vais-je avoir froid en haut du Volcan ? Je me sens impuissant et démuni face à cette dernière imprévue qu’est la pluie...
Le départ sous la pluie

21h30 : Je rejoins le site de départ sous cette pluie battante. Je passe le contrôle matériel et j’attends minuit comme tout le monde. Heureusement ils ont pensé à installer une tente sous laquelle nous pouvons nous réfugier. Je sens une certaine tension car tout le monde veut être idéalement placé au départ mais personne ne veut attendre sous la pluie. Chacun observe les autres et se tient prêt à jaillir sur cette drôle de ligne de départ !
23h10, la pluie cesse et tous les raideurs se précipitent vers les 2 portes de départ (large de 2 mètres chacune) afin d’être en excellente position pour partir. Il faut dire qu’une fois la porte passée la route est en angle droit et très étroite. Bonjour les bouchons !!! Je suis bien placé et malheureusement la pluie se remet à tomber. Il faudra attendre ce fameux départ durant 45 minutes sans bouger, sous mon sac poubelle...
J’ai donc pris l’option de partir en T-shirt court et en 3/4 en bas. Le K-way pouvant servir sur les hauteurs du volcan. Le départ est donné et les 2650 raideurs s’élancent. Ca pousse de tous les côtés, des gens tombent et se font marcher dessus. La route que nous empruntons est engorgée d’eau, il y a des inondations par endroit et l’on pose le pied dans 10 cm d’eau. Il pleut averse mais les gens de St-Philippe sont tous dehors au bord de la route, ils crient nos prénoms, nous encouragent. C’est juste impressionnant !!! L’engouement est énorme. Toutes ces frontales forment un long serpent de couleur jaune.
Je prends un excellent départ et je me retrouve vite dans les 40 premiers. On m’a tellement dit d’être devant au départ pour éviter les bouchons dans les chemins étroits lors de la première montée. Je passe 1h30 sur une petite route gorgée d’eau au milieu des cannes à sucre. Un décor somptueux qui ressemble à l’apocalypse du monde.
Le premier ravitaillement (16km), je le saute et m’enfile dans la véritable montée sinueuse, glissante, remplie de racines d’arbres énormes. Il faut faire des pas énormes pour enjamber les cailloux et les bouts de laves gigantesques. Je suis complètement déboussolé et remarque que le terrain n’a strictement rien à voir avec le terrain de mes entraînements. En plus, la fatigue me gagne et je ne me sens pas très bien. Je baisse le rythme et laisse passer tous les gars qui avancent nettement plus vite. Je ne veux surtout pas me griller dans les premières heures. Je veux arriver frais à Cilaos. La montée vers le volcan est longue et fastidieuse. Je m’arrête une première fois à Foc-Foc (23km) pour remplir mon camelbag de 3 litres. Je mange quelques biscuits et repars à la poursuite de notre première longue ascension (2500m D +).
Enfin, la pluie cesse... Je suis trempe mais je sais que tout le monde est dans la même situation que moi. Je suis en compagnie d’un réunionnais et nous commençons à dialoguer. Il parle à moitié Créole donc nous essayons de communiquer comme nous le pouvons. C’est drôle d’être seul, au milieu de la nuit, avec un gars qu’on ne connaît et qu’on ne comprend pas forcément. Nous arrivons les deux, sur les hauteurs du volcan, légèrement frigorifiés (4 degrés) et nous sommes acclamés par plein de monde. Se trouver à 5h du matin, en haut d’un volcan, au milieu de centaines de voitures, c’est juste bizarre. Je mange un sandwich jambon et un petit bouillon pour faire des réserves de sel... 2 verres de coca et je continue mon chemin direction la Plaine des Sables... Cette partie est assez roulante et fait un bien fou au moral. Les pieds peuvent dérouler sans trop réfléchir aux différents «pièges» de la nature.

Au poste du Volcan après 4h50 de course
Levé du jour
Le Piton Textor constitue la deuxième difficulté du parcours. C’est une montée en lacets à travers une montagne volcanique. Je la monte sans difficulté et je peux enfin éteindre ma lampe frontale, car j’ai la chance d’assister à un somptueux levé de soleil. Le ciel est rose, rouge et même violet par endroit. La vue est incroyable, j’aperçois au loin le Piton de la Fournaise. Je savoure cet instant d’autant plus que je sais que je pars pour 12h de jour. «Cool, une nuit de faite !» . Je me retrouve seul dans cette petite ascension et avance sur un excellent rythme. Je cours toutes les parties plates et toutes les parties descendantes. Je marche les portions qui montent. Près du sommet du Piton Textor, je passe devant l’oratoire St-Thérèse et me fait pointer avant de commencer la descente de 10km sur Mare à Boue. Cette descente est jolie et douce par endroit. Il y a plusieurs échelles à passer et plusieurs séries de marches à passer. Je descends tout en pensant à mes genoux. Je ne veux en aucun cas ressentir de douleurs avant la mi-course. Je gère donc cette descente en ralentissant lorsque les marches sont énormes. Durant cette partie de la course, j’aperçois le Piton des Neiges (3071m), endroit vers lequel la course se dirige. Un sommet magnifique qui joue à cache-cache avec les nuages. L’arrivée au prochain pointage est magique. C’est une route goudronnée sur 3 kilomètres qui mène à nul part et je me fais encourager par plein de personnes qui crient mon nom lorsque je passe. Ces personnes ont sorti les chaises à côté des voitures, préparent des choses à manger, certaines dorment encore dans la voiture. J’aperçois des familles qui attendent leur raideur avec tout les équipements de rechange possible.
Au ravitaillement, je pointe en 90 ème position et les bénévoles sont extraordinaires. Ils s’occupent de moi à merveille, me remplissent mon réservoir d’eau, m’amènent toutes sortes de nourritures différentes. Je me contente d’une banane, de coca avec du sel et de morceaux de chocolat. Je demande combien il faut compter pour atteindre le gîte du Piton des Neiges lors de la montée de Karvegen. On me répond qu’en 2h ça devrait le faire. Je regarde ma montre (7h05).
La montée de Karvegen
J’entame cette montée plein d’espoir, je suis toujours seul et je mets de la musique pour me motiver. Je remonte plusieurs raideurs et enchaîne les premières difficultés sans problème. Les paysages sont tellement différents. Ils peuvent changer tous les quarts d’heure. Ils sont plus beaux les uns que les autres. La végétation peut être dense ou éparse, des cailloux de telles sortes ou de telles couleurs... Des paysages magiques...
30 minutes passent, puis encore beaucoup de temps et là je vois un gars qui redescend. Je lui demande ce qu’il fait et il me répond qu’il est blessé et que la route est encore longue, il préfère rebrousser chemin et revenir sur Mare à Boue. Je me dis que cette montée est interminable. Soudain mon pied gauche brûle. Je me dis que d’avoir une cloque à cet instant serait terrible pour la fin. Je change de chaussettes et continue ma route. Ca monte, on descend de longues échelles, on remonte pour mieux redescendre... Bref le moral prend un sacré coup! Je vois le sommet et me réjouis d’y arriver mais hélas le pointage n’est que plus bas de l’autre côté. Je me ravitaille et prend connaissance du temps jusqu’à Cilaos. (1h d’après les locaux).
Cilaos, mi-course au niveau des kilomètres
Je continue et enchaîne les longs lacets jusqu’en bas et arrive à l’entrée du village de Cilaos. C’est un moment important dans la course, car il y a du monde et que l’on peut manger correctement un repas chaud. Je me pose une question «Est-ce que je m’arrête là, ayant déjà fait un sacré chemin ? Après vient Mafate, un long, long très long moment dans lequel tu n’as pas d’assistance en cas d’abandon, il faut revenir à Cilaos ou sortir de ce cirque de l’autre côté...». Je me sens bien donc naturellement je continue... J’arrive dans le stade et les larmes commencent à couler tellement l’émotion est forte. Les gens applaudissent les raideurs comme des héros et le fait de retrouver ses proches fait un bien fou. Je m’arrête 55 minutes histoire de partager mes premières impressions sur les paysages traversés. Je me change et mets des habits courts pour traverser la fournaise de Mafate. Je profite également pour manger une petite assiette de pâtes, une petite soupe et je repars en compagnie de Julien S..


Mafate j’arrive !!!
Nous allons poursuivre l’aventure trente minutes ensemble et après c’est la terrible ascension du Taïbit précédée par un autre petit col. Une montée qui n’en finit pas et dont les marches d’escaliers sont énormes. Là, à nouveau, je pense que la fin est proche mais non, ça monte, ça monte et ça monte encore. Le sommet est enfin là... et c’est la descente sur Marla et l’entrée dans le Cirque de Mafate (aucun accès en voiture). Je vais atteindre ce minuscule village après 3h30 d’effort pour une distance de 13km... C’est dur dans la tête... Je déguste cette fois-ci une portion de riz et du coca au sel pour prendre des forces. Il est 15h52, déjà 82km dans les jambes et je sais que Mafate, terre que je redoutais depuis longtemps est bien là... et bien longue... Il me reste 2h30 avant la tombée de la nuit. Il faut avancer un maximum de jour. Je suis en compagnie d’un réunionnais et 2 français... On avance les 4 sur un bon rythme... Nous passons des passerelles, des ponts, des échelles et d’après le profil ce n’est que de la descente... sur plusieurs kilomètres ! Et ben non, ça monte par tous les côtés. Il y a 2000 mètres de D+ dans leur descente... On longe une rivière et passons 2 ravitaillements. Ce moment est allé très vite car nous étions plusieurs et nous discutons de tout et de rien.
La deuxième nuit
Nous atteignons Roche Plate (95km) dans la nuit (18h49) ! Ca y est la voici celle que je redoutais depuis des mois. Mon objectif est d’être accompagné par quelqu’un. Je ne veux pas courir seul et me perdre ! J’ai tellement lu des récits de coureurs qui se perdaient et qui recommandaient de courir accompagner d’un réunionnais. Nous arrivons à Grand Place et les 2 français s’arrêtent pour des problèmes de genoux et de tendinites ! Mon groupe diminue et je me retrouve seul avec un gars de la région. Nous poursuivons le chemin qui remonte pour changer et je me retrouve seul cette fois-ci car mon compagnon lâche prise. Je vais courir/marcher 1h30 tout seul dans la jungle au milieu de bruits étranges. Je ne fais pas mon malin tout seul dans la nuit !!! Je ne vois rien à 2 mètres et je ne sais pas à quel endroit je me trouve... Soudain, des escaliers à gogo, ça descend, on traverse une rivière par des galets entreposés, on remonte des escaliers pendant 30 minutes pour redescendre après, on repasse une rivière. Il y a une chute d’eau que j’entends par la force du courant qui frappe les pierres, mais je ne l’aperçois pas... Où suis-je ? Les escaliers remontent et à ce moment je suis sûr d’être déjà passé par là... Je continue, les escaliers redescendent à nouveau vers la chute d’eau que je ne vois toujours pas. Je passe à nouveau la rivière et je décide d’attendre le prochain raideur pour être certain que je suis sur le bon chemin... Il arrive et c’est mon ancien compagnon qui arrive. Il me dit qu’il n’y a pas de problème que nous sommes sur le bon chemin. Je suis septique mais j’ose croire...
On repasse une rivière et là par miracle quelque chose de nouveau. Un poste de samaritain !!! Quel soulagement !!! Je suis sur le bon chemin... Ils nous disent que Grand Place n’est pas loin. J’accélère car je me sens bien mais je ralentis bien vite car la pente s’élève et finalement nous allons monter 1h... Ca donne 8k en 2h30 !!! On avance pas vite dans un terrain pareil ! Une petite halte à Grand Place et j’explique au gars du pointage qu’ils sont complètement cinglés de nous faire passer par des endroits aussi durs. Comment vont faire les gars qui vont finir en 60h ??? Bref, la fatigue a pris le dessus et je me suis un peu emporté... Le Camelbag à remplir, un verre de coca, du chocolat et on repart tous les 2 direction Aurère qui n’est qu’à 8km.
La sieste dans la jungle
Jean-Luc me dit qu’il a repéré l’étape et qu’en 1h30 nous serons au prochain ravito. Ca monte, redescend, des marches d’escaliers, des cailloux... 2h plus tard toujours dans la brousse au milieu des bruits étranges, mon ami se met à vomir et décide de faire une sieste car il n’arrive plus à attendre le prochain pointage. Je m’arrête avec lui, change mon haut et met du long pour être au sec. Il va dormir 25 minutes et moi je vais rester allonger car mes yeux ne se ferment pas. On se fait dépasser par plusieurs raideurs. Lorsque je me relève de la petite sieste après 23 heures d’effort, je suis pris de crampes aux mollets et aux cuisses pendant 2 minutes. Je ne peux juste plus marcher... Je prends peur et panique quelque peu car je ne veux pas rester tout seul dans Mafate sans assistance. Nous continuons mais en arrivant sur Aurère, Jean-Luc me dira de continuer tout seul car il continue de vomir. Il reste donc dormir dans un lit sous un toit. Notre dernier tronçon aura duré 3h10 pour 8km !!!
Je suis seul et continue, mes jambes vont bien tant que je bouge. La suite descend d’après le profil mais je n’ose plus m’y fier. Cette portion va être terrible pour les chevilles, les genoux et la tête. Je vais courir dans le lit d’une rivière de galets. Les pierres de tailles différentes que je ne vois pas bien, des cailloux mouillés, certains bougent lorsque je marche dessus. Bref il me faut une concentration terrible après 25h de course. Il faut ensuite traverser une rivière large par dessus 26 galets espacés d’au moins un mètre. Après cette épreuve, la délivrance car c’est le pointage de Deux Bras et je vais m’arrêter 20 minutes pour changer mes chaussettes et échanger des mots avec les militaires qui tiennent le poste.
La dernière grosse difficulté
A partir de ce moment il ne me reste qu’une grosse montée et une longue descente avant l’arrivée à St-Denis. Je suis sur mes 2 jambes depuis 26h et je crois qu’il ne me reste plus que 3h avant d’en finir... Je pars confiant à l’assaut de cette dernière difficulté. Le sac est chargé au maximum (3 litres d’eau, une gourde de 500 ml de coca, des barres, des affaires de rechanges, une couverture de survie, 2 frontales, du matériel de bandage, des pommades). Je monte tranquille afin de ne pas serrer dans cette bosse. Je retrouve un groupe de 2 personnes que je colle pour faire un bout de chemin avec eux. Ce passage ressemble à de l’escalade, j’ai besoin de mes mains pour réussir à grimper. Nous rencontrons des gens locaux dans la montée à 3h du matin qui nous disent que le milieu est à 30 minutes. On se réjouit et continuons notre périple. 50 minutes plus tard, des jeunes cette fois-ci, nous signalent le pointage intermédiaire à 30 minutes également. Finalement au lieu des 1h15 prévue au bas j’aurai mis le double... On arrive sur Dos d’Ane et il ne reste plus que 526 mètres de D+. Les derniers 500m de montée dans ma tête devraient être bouclés en 1h15 pour atteindre le Piton Batard. Nous arrivons sur la crête après 25 minutes déjà et je m’attends à basculer derrière pour attaquer la descente finale... Et ben NON !!! il faudra encore 1h 20 min pour longer cette foutue crête du Piton qui porte bien son nom ! Notre petit groupe explose sur ce long sentier lorsque le soleil fait son apparition. Le sommet domine d’Dos d’Ane et j’entends le chant des coqs et l’aboiement des chiens qui montent à ma rencontre. C’est un moment magique !!! Malheureusement la vue est légèrement bouchée par les nuages matinaux. Je vais atteindre le poste d’Affouche assez faible psychologiquement car je n’ai plus envie de courir. Je descends sur 3km une route caillouteuse qui fait mal aux jambes. Je me force à courir car je sais que ces 3 kilomètres à courir peuvent faire gagner 30 minutes au chrono sur la fin. Je dépasse beaucoup de personnes qui marchent.
La fin, un véritable calvaire !
Je rentre dans une petite forêt et je commence à jurer tout seul car les sentiers sont glissants, raides, semés de gros cailloux et de grosses racines. Ca remonte et il faut à nouveau enjamber des choses énormes... Je commence à halluciner car je vois un panneau «Attention photo, montrer votre dossard» Je pense à cet instant m’être trompé et être retourné au départ. Je crie « Y a-t-il quelqu’un ?» et je rencontre un vrai photographe qui me dit de continuer tout droit pour arriver au dernier point de contrôle. Je ne comprends plus rien, je suis juste mais j’ai quand même l’impression d’être sur le même chemin qu’au départ mais en moins mouillé... (Chose impossible car je suis 142 km plus loin)
Cinq rondelles de saucissons à Collorado après 32h41 de course. Il me reste 5 kilomètres mais mon genou droit ne veut plus courir dans les descentes. Je marche, je courotte, je marche, etc... J’arrive dans la dernière grosse descente et suis les panneaux la Redoute. Je vois le stade depuis en haut et étant tout seul j’ai l’impression d’être perdu, les chemins partent dans tous les sens. Les gens locaux m’assurent que je suis sur le bon chemin mais je doute. Je cours mais le stade ne se rapproche pas. Je traverse le versant mais ne descends pas... Je panique !!! Je suis sûr d’être complètement faux ! Je m’assieds sur un gros rochers et panique quelques secondes. Je perds mes nerfs et penses même que les organisateurs vont me disqualifier car je triche. Je continue de descendre et croise 2 femmes qui me disent la même chose que les gars précédents... Je continue mon calvaire et la pente finalement finit par diminuer et j’atteins la route qui mène au stade. J’ai toujours l’impression que les gars vont me dire que j’ai triché et qu’ils vont m’arrêter avant le portique de l’arrivée. Je rentre dans le stade de la Redoute après 1h pour les 5 derniers kilomètres et fais mon quart de tour avant de franchir cette mythique ligne d’arrivée sous un chrono de 33h 41min 30 sec pour une magnifique 113ème place.
Je savoure cet instant avec joie et me précipite sur l’herbe pour pouvoir ôter mon sac et enfin me coucher. Je profite de ce moment et enlève mes chaussures pour constater que mes pieds n’ont rien eu. Pas une cloque, pas une égratignure. J’aurai signé tout de suite au départ sous la pluie pour un état physique pareil à la fin de ce raid. Désormais, je sais ce que signifie le mot FOU et pourquoi on appelle cette course ainsi.
Signature sous sa photo
Je me dirige vers le panneau des finishers et appose ma signature sous ma photo pour immortaliser ce résultat !!!
Je remercie tous ceux qui m’ont aidé dans cette aventure par leurs conseils précieux lors d’entraînements et lors de la préparation de la course. J’ai pu bénéficier de leurs expériences vécues et de leurs récits. Votre soutien moral via SMS tout au long de la course a été quelque chose de magique. Je remercie également Ludivine, Isabella et Julien pour leur présence à Cilaos ainsi qu’à l’arrivée. Ce fut finalement 33h de bonheur et de découverte. La découverte de soi, apprendre à se connaître, à se gérer. La découverte d’un pays, de sa culture, de ses paysages... UNE EXPERIENCE MAGIQUE QUE JE NE REGRETTE POUR RIEN AU MONDE !!!
Après un jour de repos, je ne disais plus jamais cette course de MALADE, mais aujourd’hui, je songe déjà à retourner passer une nuit dans Mafate !!!

mardi, 27 octobre 2009